lundi 17 août 2015

Masse colorée

Aujourd'hui petit chalenge écriture. Il m'a été inspiré par Petite Belge qui a réalisé une nouvelle lors d'un atelier d'écriture. Son sujet était : "un animal est venu à mon secours". Temps de l'exercice : 2x10 mn. 
Du coup, je me suis lancée, avec son thème. Résultat : je l'ai écrit en 1h et je me demande si ma production n'est pas plutôt un conte ;) Pour l'accompagner, j'ai réalisé une petite illustration. La première faite entièrement avec ma tablette ^^
Voici ce que ça donne : 

Masse colorée - Illustration numérique du texte "Masse coloré"

J'ai du mal à respirer. Je suffoque. J'ai beau me débattre comme je peux, rien y fait. L'eau sombre et fraîche en ce matin de juin m'aspire. Je coule comme une pierre. Je n'ai pas encore apprit à nager.
Tout ça à cause des poissons. J'adore les poissons. Dans ce petit lac, il y en a des rouges, des oranges, des blancs et gris, des gris, des ronds, des longs. Quel beau spectacle. A trop m'approcher du bord pour mieux les voir, plouf. Je suis avec eux maintenant. C'est malin.
J'ai peur. Plus mon corps sombre, plus les poissons se rapprochent de moi. Un en particulier. Petit, rond, rouge. D'abord timide, il vient maintenant si près de mes yeux que j'ai envie de pleurer. De crier. Il s'éloigne et va tirer vigoureusement sur ma robe. Puis finit par partir. Revient. Repart. Revient. Repart.
Les abysses m'engloutissent toujours un peu plus. Je suis fatiguée. J'arrête de me débattre.
Je me souviens du bon goût du chocolat et de l'odeur de la barbe à papa. J'entends au loin les cris désespérés de maman qui appellent à l'aide. C'est dommage qu'elle ne sache pas nager, sinon elle serait venue me chercher.
Le petit poisson rouge refait son apparition pour tirer de nouveau sur ma robe. Un à un tous les autres poissons se rapprochent. En banc. En meute. J'en sens sur les côtes et sous moi. Dans d'autre circonstance, cela m'aurait fait beaucoup rire. Je suis chatouilleuse.
Tous ensemble ils forment une masse compacte et colorée. Ils stabilisent en un instant mon petit corps. Je suis comme sur un nuage. La lumière se rapproche de mon visage. Ils me remontent. Je peux enfin respirer de nouveau.
Un jeune homme aidé de 2 passants m'attrapent pour me hisser sur la terre ferme. Je hoquette. Je pleure à chaudes larmes dans les bras réconfortants de maman. Silencieuses, nous regardons les poissons colorés se disperser.
Chacun retourne à ses occupations, le coeur léger, convaincu que la solidarité rend meilleur.

MR

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